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10 novembre 2013 7 10 /11 /novembre /2013 19:17

 

Un chemin vallonné

 

    Que ce soit avec Tamura senseï, Hino senseÏ, Kono senseï, Kuroda senseï parfois lors d'un stage un sentiment de frustration peut s'emparer de nous tant le fossé peut sembler infranchissable. 

 

    Parfois le ressenti est positif, les techniques arrivent plus ou moins à venir sans "difficulté" et d'autres fois, au contraire, rien ou presque ne passe.

 

          La voie que l'on emprunte dans les budos ressemble en ce sens à un chemin vallonné oscillant entre des phases ascendantes et descendantes. En général lorsque l'on commence à se sentir trop à l'aise c'est qu'on arrive en haut de la côte et la descente s'amorce avec les remises en questions qui affluent.          

 

Hiroshige11_hakone.jpg

 Hakone par Hiroshige extrait des 53 stations du Tokaïdo


          A la différence des sports de compétition où l'entrainement vise à la performance et où l'Ego est facilement nourri, dans les budo, dans les bujutsu, l'essentiel du travail, dans l'idéal, consiste au contraire à tenter d'effacer l'Ego pour laisser la technique jaillir, sans pensée, Mushin no shin. Voici ce qu'en dit le maître zen, Takuan Soho

 

    "L'esprit devrait toujours être dans un état de fluidité, lorsqu'il s'arrête sur quelque chose le flux est interrompu et c'est l'interruption qui est préjudiciable au bien-être de l'esprit. Dans le cas d'un sabreur, cela signifie la mort. Quand le sabreur se tient devant son adversaire, il ne pense pas à son ennemi, ni à lui-même, ni aux mouvements du sabre de son adversaire. Il se tient juste là avec son sabre, qui oubliant toute technique, est prêt à suivre uniquement ce que lui dicte le subconscient. L'homme s'est effacé en maniant le sabre. Quand il frappe, ce n'est pas l'homme mais le sabre dans les mains du subconscient de la personne, qui frappe."

 

        Je ne crois pas me tromper en avançant que nous retombons facilement dans un model compétitif à "l'insu de notre plein gré"...et lentement mais sûrement l'ego reprends le dessus. Comment tourner ce va et vient incessant à notre avantage?

 

 

De l'expérience né le progrès

 

    Transformer notre expérience négative, frustration née de la volonté de réussir, de faire, en énergie positive pour progresser dans la volonté de ne pas faire, d’agir sans vouloir agir…

 

Contrôler l’Ego? Le laisser s’exprimer? L’utiliser? Qu’en est il au final?

 

    

      On parle de lui comme de l’ennemi juré dans les arts martiaux, dans la méditation, au fond si comme si nous devions lutter en permanence contre nous même. Doit-on absolument chercher à faire taire cet Ego? Est ce là le sens de notre pratique? Plutôt que de combattre contre soi même, et par extension contre les autres, ne serait-il pas plus utile de trouver un terrain d’entente? Un Equilibre? 


 

 

yin-and-yang-145874_640.png

Yin et Yang en Chine, In et Yo au Japon symbole de l'équlibre entre le vide et plein, la volonté et son absence... 


 

    C’est un peu le sens de la recherche martiale. Trouver un moyen d’harmoniser l’esprit et le corps afin d’obtenir une utilisation optimale de nos fonctions? Enlever les tensions inutiles du corps, souvent liées à celles de l’esprit, afin d’unifier notre pensée et notre mouvement. Peut-être est-ce un peu cette idée quand on parle de « Non-pensée »? Non pas un état où plus rien ne passe car sans cela l’action n'existe pas mais un état où étant uni aux mouvements du corps l’esprit se tait, accompagne et guide silencieusement.

 

      Bien évidemment il s'agit d'une réflexion personnelle sur un sujet complexe, intangible. C'est une piste que j'ai développée autour de ma propre expérience et je tenais à la partager. Plutôt que de m'énerver de mes échecs dans la pratique j'essaye d'apprendre d'eux. J'ai l'impression d'être plus habile avec le temps mais peut être est-ce encore un tour de l'Ego...


 

   

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Tour de Lego... 

 

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12 octobre 2013 6 12 /10 /octobre /2013 13:58

 

     Cela fait 4 ans que j'ai débuté l'entrainement aux shurikens après avoir vu Kono senseï faire une démonstration à Herblay lors d'un master class. J'ai commencé avec des petits shurikens qui ressemblaient plus à des clous de chantiers...depuis ma collection s'est agrandie.

 

     C'est un entrainement assez addictif, on prend vite goût à la satisfaction ressentit quand le shuriken se plante dans la cible. Je l'aurais cependant laissé de côté si il s'agissait uniquement de planter des clous! 

 

 

Kono-Yoshinori-Kumamoto-7-octobre_082.jpg

Kono Yoshinori démontrant la façon de tenir qu'il a dévellopé à partir du style de l'école Negishi ryu. On peut aussi voir la spécificité des shurikens qu'il utilise. Photo empruntée à Léo:)

 

Repousser les limites :

 

          Quand je m'entraine j'essaye d'avoir toujours à l'esprit que ce n'est pas le résultat mais comment l'améliorer qui est important. Ainsi dès que j'arrive à lancer à une distance et à être près du 100% de réussite j'augmente cette dernière (je précise que je m'entraine dehors ce qui est mieux pour les meubles et les murs^^).      

 

 

30072013286.jpg

shuriken réalisé par un ami

 

     Kono senseï est devenu mon mentor dans cet entrainement solitaire et lors des master class en France, au Japon, j'essaye toujours de capter le maximum d'informations. Il a d'aiileurs assez peu de limites! Il est capable de lancer en courant, en avançant, en reculant, en chutant, en se retournant, de la main gauche comme de la droite, à l'envers et de côté...bref un peu comme il veut!

 

Suivant son exemple j'essaye de varier régulièrement les situations, je teste des choses nouvelles qui viennent ou pas enrichir mon travail. L'idée étant comme le titre l'indique de repousser les limites en s'autorisant à commettre des erreurs si besoin.

 

 

Trois étapes :

 

     J'ai pour le moment marqué trois grandes étapes dans l'évolution de cet entrainement solitaire.

 

     La première est d'être capable de lancer de plusieurs façons sans se préoccupper de la manière dont arrive le shuriken dans la cible. 

 

     La seconde étape est ensuite de planter le shuriken droit, à l'horizontal. En observant Kono senseï j'ai réalisé au fil du temps que la plupart de ses shurikens arrivés parfaitement droit dans la cible et ce peu importe la distance.

 

     La troisième étape dans cette logique d'évolution est donc d'être capable de viser en plus des cibles restreintes (d'une dizaines de centimètres). C'est très compliqué et je suis loin d'en être capable au delà d'une certaine distance!

 

 

30072013281.jpg

 

 

Un partenaire invisible :

 

     Tous les pratiquants un tantinet chevronnés qui poussent l'entrainement au delà des frontières du dojo et en solitaire notamment connaissent les difficultés relatives à celui-ci. Lorsque l'on s'entraine seul il est parfois difficile de savoir si l'on est sur la bonne voie. Un avantage avec le Shuriken est qu'il reste un ami fidèle et impitoyable! On sait tout de suite en fonction du but fixé si c'est correct ou pas.

 

     C'est également un excellent moyen de travailler l'utilisation du corps dans son ensemble et de sentir quelle partie suit ou est en retard, quelle tension inutile est générée, quel muscle est trop ou pas assez utilisé. 

 

     Pour être capable de viser à 8 mètres ou plus l'utilisation seule du bras ne suffit plus et cela demande de développer un écoute profonde du corps et de ses réactions si l'on veut pouvoir réussir. Sans cette harmonie qui transparait quand on observe Kono senseï il est impossible d'atteindre ce niveau. 

 

     Pour terminer voici une vidéo assez connue extraite d'un DVD de Kono senseï où l'on voit nettement grâce à un shuriken peint en blanc la trajectoire impeccable qu'il arrive à lui donner et la position horizontale en parfaite harmonie avec l'inclinaison de la cible à la fin.

 

 

 

 

Pour plus de détails je vous conseil également à l'interview faite par Léo "Shurikenjutsu par Kono Yoshinori"

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 04:11

 

Un mois silencieux


Cela fait presque un mois que je n'ai rien publié entre le travail (assez intense ces derniers temps!), les stages et la préparation du site http://www.aikido-argenteuil.com/ j'ai un peu délaissé le blog. Sans compter qu'il est resté quasi inaccessible durant 3 semaines suite à un problème de changement de nom de domaine.

 

Certains reconnaîtront cette formidable image qui vient gentillement remplacé notre blog quand le nom de domaine n'est pas payé ou mal transféré comme ce fût mon cas....


Une saison Chargée


La saison passée s'est déroulée plus vite que la précédente rythmée par de nouvelles propositions de stage. 

 

Dans la mesure où j'oeuvre dans le but de devenir un jour professionnel dans l'Aïkido c'est toujours encourageant de recevoir des invitations. Cela signifie que mon travail a su trouver un écho chez ceux qui m'ont accordé leur confiance à l'instar d'Arnaud Lejeune, Carole Simons, Oscar Canet.

 

Souvenir de Valencia avril 2012


Cette année marque aussi le début d'échanges fructueux avec mes camarades de pratique Isseï, Tanguy et Hervé. Poursuivant un idéal commun nous avons décidé de nous associer lors de stage entre Paris, Brest et Arlon afin de faire profiter au mieux de nos recherches. 

 

J'espère que la saison à venir sera aussi riche et même plus encore que celle passée. 

 

Merci

 

J'ai vraiment beaucoup apprécié ces moments qui m'ont permis de découvrir des gens formidables dont la passion pour l'Aïkido n'a d'égale que la gentillesse dont ils ont fait preuve. Moi qui me plains parfois de ma situation en voulant souvent aller plus vite que le train en marche j'ai rencontré des personnes dont la situation était parfois plus critique mais qui n'en montraient pas moins bien plus de patience. J'ai certainement appris autant avec eux qu'ils ont appris avec moi!

 

Tamura senseï à Lesneven que nous regardions avec admiration Tanguy, Isseï et moi même il y a quelques années...

 

C'est donc tout naturellement que je tenais à remercier tous ceux qui ont eu la curiosité et/ou l'envie de nous inviter ou de venir à notre rencontre.

 

Je remercie également tous mes élèves sans qui il est impossible d'avancer dans la pratique qui sont source d'interrogation, de remise en cause et de motivation au quotidien.

 

Et je remercie Léo qui est un peu (beaucoup) à l'origine de ces projets.

 

Bonne vacances à toutes et à tous.     

 

J'en profite pour joindre l'affiche du stage de Tanguy et Isseï au mois d'Août au cas où vous ne seriez pas au courant, un petit coup de pub ne fait pas de mal!

brest_aout12

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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 20:44

Notion de mort et agressivité de l'être humain:

Bien que toutes les sociétés tendent à évoluer vers des modèles de civilisations pacifiques il est évident que l'être humain a de tout temps laissé libre court à sa part "d'agressivité". 

Les guerres et conflits en tout genre furent un triste moyen permettant de libérer cet aspect sauvage, primaire, qui sommeil en nous.

La pratique des adeptes du passé s'inscrivait dans une démarche de survie. En s'entraînant et en devenant les meilleurs ils augmentaient leur chance de rester en vie. La mort faisait partie du quotidien. C'est dans ce contexte que se sont formalisés les Bujutsus.

Samouraïs au combat

Aujourd'hui dans nos sociétés modernes il n'est plus question d'enjeux aussi importants, hormis des cas d'agression isolé qui finissent dramatiquement on ne peut pas considérer que nôtre vie soit en danger dès que nous franchissons le pas de nôtre porte.

Au contraire nous essayons même de repousser au plus loin l'échéance en inventant toute sortes "d'Elixir" prolongeant la vie ou retardant le vieillissement. Le mot même de "mort" semble tabou et on évite plus souvent de l'employer en utilisant toutes sortes de figures de style.

Elixir anti-âge...

Il semble pourtant si l'on y regarde de plus près que l'être humain ait besoin de repousser ses limites constamment et de laisser s'exprimer sa nature primitive.

En parallèle de cette société du confort se développe de plus en plus de sports extrêmes où de nombreux pratiquants mettent leur vie en danger consciemment. Plus simplement il suffit de constater que ce que nous appelons les comportements à risques sont monnaie courante. 

Notre "ça", pourrait-on dire, a besoin de trouver un moyen pour s'exprimer.

Les arts martiaux sont une réponse directe possible permettant non seulement d'apprendre à contrôler mais à utiliser cette énergie positivement.

combat-des-trente_1.jpg

De tout temps les hommes se sont affrontés: combat de Trentes en Bretagne

L'apport essentiel des arts martiaux:

Les Bujutsus enseignaient à leurs pratiquants des techniques afin d'être les plus efficaces au combat. Avec l'arrêt des batailles, l'interdiction de se battre en duel sont apparus les Budos qui ont ajouté une dimension plus philosophique et qui ont permis de donner un exutoire aux hommes d'une société essentiellement guerrière à l'origine et en pleine mutation.

Samouraïs posant au moment du Bakumatsu (la fin du shogunat Tokugawa)

Les Arts Martiaux Japonais, sous la forme des budos que nous connaissons, ont naturellement trouvé preneur lorsqu'ils ont débarqué sur nôtre continent dans le contexte d'après guerre. 

La pratique régulière d'un art martial nous obligeant à nous confronter directement au rapport à la mort par la répétition de techniques à l'origine faite pour tuer permet de donner une place à cette énergie qui sommeil en chacun de nous et ayant besoin d'être canalisée.

Si l'on veut progresser réellement dans ce domaine il est important de rechercher les situations qui ont permis de penser tel ou tel mouvement utiles en essayant, le temps de l'entraînement au moins, de se mettre à la place de ces guerriers qui ont formalisé sur la base de leurs expériences ces systèmes complexes. 

Retrouver les situations de départ

Je ne dis pas ici qu'il faille jouer "au petit samouraï". Je veux juste faire comprendre l'importance de s'immerger dans cette ambiance si particulière venant d'une époque où essayer de rester en vie était le lot commun de nombreuses personnes.

En s'impliquant dans cette recherche nous nous coupons du quotidien et pouvons laisser s'exprimer certains instincts dans un cadre réservé. Réaliser une technique efficacement demande d'être pleinement dans l'instant et d'être conscient de tout ce qui nous entoure à la fois. 

Il ne s'agit pas de concentration au sens intellectuel. Ce qui importe est d'être là au bon moment, de pouvoir mobiliser toutes ses capacités à un instant T sans réfléchir et sans être influencer par nos émotions. 

Il faut pourvoir agir sans hésitation d'une seule traite. 

Cet exercice de "méditation active" nous permet d'être plus efficace et aide à prendre avec recul et détachement des situations mettant en jeu les émotions et le stress.

NAMT 2011 et Stage avec Kono Yoshinori senseï

N'oubliez pas ce Week-End a lieu la NAMT 2011 ainsi que le stage avec Kono Yoshinori Senseï que je vous invite vivement à rencontrer au moins une fois.

Kono senseï vient peu souvent en France et en Europe de manière générale. C'est un artiste martial accompli comme vous en croiserez peu sur votre chemin de pratiquant. 

NAMT2011 v4

C'est un personnage atypique qui comme je le disais recherche les situations originelles. Il va même jusqu'à se vêtir toujours en habits traditionnels et se déplace avec des Getas afin d'être toujours au plus prés des samouraïs du passé. Au japon il nous avaient aussi montré plusieurs exercices avec des Ippon-ba Getas (Geta avec une seule "dent") je vous laisse deviner comme nous étions tous à l'aise:)

Sa recherche est très large et de nombreux pratiquants mais aussi sportifs, musiciens viennent à lui. Il est en effet un spécialiste de l'étude du corps humain. Si il a débuté sa recherche avec les arts martiaux son champs de compétence est aujourd'hui bien plus vaste.

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2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 14:38

Message d'espoir :

Les semaines passées fûrent chargées en évènements lourds de conséquences qui malheureusement ne sont pas encore finis: Le tremblement de terre, ses conséquences (Tsunami, catastrophe nucléaire) puis la guerre en Lybie.

Chacun réagit à sa façon face aux difficultés que la vie nous impose. Pour ma part cela me renvoie à l'aspect éphémère de notre existence. Loin d'être pessimiste je me dit qu'il est plus que temps de tout faire pour mener à bien mes projets.

Nous passons la plus grande partie de notre vie au travail bien souvent le stress vient s'ajouter aux problèmes du quotidien. Ayant bientôt trente ans je dois avouer que le temps passe à une vitesse incroyable et plus il s'écoule plus je suis convaincu qu'il est essentiel à l'équilibre de l'être humain de tendre vers sa propre réalisation.

Pour ma part j'essaye de tout mettre en oeuvre pour pouvoir un jour vivre de ma passion, les arts martiaux. Ce n'est pas une mince affaire car dans un monde dominé par la logique de l'économie de marché et de la rentabilité où la place faite aux arts, qui par leur essence même ne rapporte rien de concret si ce n'est du bien être, est de plus en plus faible.

Je suis malgré tout convaincu que la seule chose qui donne sens à notre vie est ce que nous réalisons car plus que les mots les actes sont ce par quoi nous existons.

Si personnellement ce sont les arts martiaux, toutes les voies sont à mon sens honorables pour peu qu'on mette tout son coeur et que l'on fasse les choses avec plaisir.

Ainsi j'invite tous ceux qui liront ces mots à aller au bout de leur rêves et à ne jamais baisser les bras devant l'adversité. 

Et je terminerai cet article en citant l'écrivain et poète britannique Rudyard Kipling et une vidéo de Joe Cocker à Woodstock:


Traduction de André Maurois :

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre d’un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d’un seul mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, mais sans laisser le rêve être ton maître,
Penser sans n’être qu’un penseur ;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,

Tu seras un homme, mon fils.

 

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