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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 10:21

 

 

Préparation pour Bercy

 

Récemment Isseï, Alex, Thomas et moi-même avons accompagné Léo comme UKE pour une démonstration lors de la nuit des arts martiaux à Bercy.

 

     Si nous avions tous déjà fait l’expérience d'une démonstration c’était la première fois que la préparation était aussi cadrée.

 

     On peut considérer qu'il existe deux grandes tendances pour aborder une démonstration, la première consiste à ne rien préparer où presque dans l'esprit de takemusu Aïkido  les techniques s'enchaînent naturellement, le résultat dépendra de la capacité du démonstrateur à s'unir aux différentes formes d'attaques et à pouvoir sortir un riche panel technique. La seconde possibilité est de préparer un enchainement précis avec une mécanique réglée et minutieuse.

 

Les allers-retours entre ces deux formules sont multiples et d'un extrême à l'autre bon nombre de combinaisons sont possibles.

 

     Pour Bercy nous étions à l'extrémité de la seconde possibilité et Léo dû se plier à des exigences de préparation assez poussées. L'option improvisation n'était absolument pas envisageable. Nous avons dû outre les multiples répétitions en faire une filmée et chronométrée afin que les organisateurs puissent vérifier si nous respections bien les contraintes de temps et de qualité demandées.

  

     En écrivant ces lignes j'imagine au loin s'élever les critiques des puristes, dignes "héritiers" de la voie, engager le débat sur la place ou non des arts martiaux « traditionnels » dans une démonstration grand public où se côtoient autant la tradition que le spectaculaire.

 

 

Vidéo de la démonstration à Bercy 2014 avec Léo 

 

   N'en demeure pas moins que ce fût une belle occasion de promouvoir notre discipline qui ne bénéficie que de peu de moyens en comparaison des sports de combat et autres disciplines olympiques ultra-médiatisés.

 

L’importance du rôle d’Uke

 

     Le rôle d'Uke est d'une importance primordiale dans les démonstrations où le maître a besoin de pouvoir s'exprimer le plus librement possible afin de représenter au mieux sa discipline. 

    Je me rappelle des stages avec Suga senseï qui nous racontait nombres d'histoires et théories sur les arts martiaux. Parmi celles-ci figuraient son explication du niveau incroyable de Tamura senseï qui était en grande partie dû, selon lui, aux très nombreuses fois où il avait eu l'occasion d'être Uke d'O Senseï. Ce dernier qui enseignait de manière traditionnelle, c'est à dire sans parler où très peu, obligeait ses élèves à développer deux grandes qualités: la sensibilité et l'observation.

 Cependant n'importe quel pratiquant pourra vous le confirmer, l'observation, si elle est une étape essentielle, est insuffisante sans une sensibilité corporelle accrue. C'est en ressentant la technique du maître avec tout le corps que l'on peut espérer un jour comprendre les mécanismes en jeu. 

 

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Suga senseï et moi même comme Uke

 

     Léo avait bien compris cela et de mémoire il a toujours insisté sur la nécessité d'être capable à la fois d'être bon aussi bien en tant que Tori que Uke. Aujourd'hui j'essaye de transmettre la même chose à mes élèves.

     En révisant pour la démonstration je me suis remémoré toutes ses heures passées au dojo, en stage, à chuter et me suis rappelé à quel point ce travail m'avait été utile dans la compréhension des techniques. 

 

S'exprimer en fonction du niveau

 

     Evidemment tout est question de niveau et plus on s'entraîne avec un Uke performant plus on a d'opportunité de progresser. 

     C'est d'ailleurs le paradoxe de l'Aïkido qui en résume toute la beauté et la difficulté. On évolue pas contre mais avec l'autre. Comme il s'agit d'un art sans compétition il n'y a pas de moyen de vérifier son niveau par un système de confrontation. Une des options est alors de pouvoir "tester" les qualités d'une technique en l'exécutant pleinement grâce à un Uke capable de recevoir.

 

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Isseï, à la NAMT 2009 avec Léo: le meilleur Uke avec qui j'ai pu m'entrainer:)

 

     Le principe est de permettre à Tori de contrôler ce qui vas ou pas dans sa technique par une plus grande disponibilité d'Uke. Quand les mouvements s'accélèrent les décalages apparaissent plus nettement, les tensions reviennent rapidement et cela permets de voir quels points vont être à améliorer en repartant sur un travail plus lent par exemple. 

     Et de temps à autre ne serait-ce que pour se gargariser un peu cela fait du bien de pouvoir s'exprimer sans retenue:)

 

 

 

 



 


 

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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 14:42

 

 

 

Un art accessible à tous

 

      Lorsque j'ai débuté ce qui m'a attiré dans l'Aïkido était son apparente facilité d'accès à n'importe quelle personne motivée. En effet contrairement à des pratiques nécessitant d'importantes capacités physiques (force, souplesse etc ) l'Aïkido paraissait ouvert à un public plus important.

 

      Je partais du principe qu'un art qui demande des capacités physiques particulières devait avoir une efficacité limitée et donc que l'Aïkido possédait au contraire une application beaucoup plus large.

 

 

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uke : Thomas Vercellino

 

      C'est d'ailleurs toujours le sens que je donne aujourd'hui à notre pratique qui grâce à une supériorité technique, à une maîtrise des déplacements, de la distance, du rythme de l'attaque, de la précision des gestes, doit permettre à une personne physiquement moins avantagée de réussir à combler le vide qui existe face à un adversaire plus imposant ou performant.

 

Remises en question

 

       Au fil du temps les remises en question s'accumulent et bien souvent l'on constate que ce n'est pas aussi évident que cela pouvait l'être au départ. Parvenir à la maîtrise légendaire d'Ô senseï ou de Tamura senseï n'est pas à la portée de tout le monde!

 

      Il est vrai que dans les vieux films en noir et blanc d'Ô senseï on observe une facilité évidente dans l'exécution des techniques. Face à des adversaires bien plus jeunes, plus grand, plus vifs, plus fort le maître reste impassible et enchaîne les techniques tranquillement. Tamura senseï aussi possédait cette aisance si déconcertante.

 

 

Osensei12.jpg 

 

 

      Tous ces maîtres, Ô senseï le premier, ne se sont pas cantonnés uniquement à leur domaine de pratique et on retrouve chez chacun d'entre eux des influences diverses. Il est par conséquent essentiel pour nous pratiquants de nous questionner, d'interroger ces formes que nous apprenons et transmettons afin d'en comprendre l'essence. Aller chercher l'inspiration ailleurs, s'ouvrir aux difficultés que posent d'autres pratiques.

 

Comment un aïkidoka doit-il réagir face à un boxeur, un karatéka, un lutteur etc ? Il ne s'agit pas de changer de discipline mais de se mettre en situation critique de manière à améliorer notre technique.

 

Une évolution permanente

 

      Bien qu'il existe de nombreuses formes ayant été recensé en Aïkido, que la nomenclature technique est assez riche et détaillée, il ne se laisse pas enfermer dans un cadre fixe. Ce n'est d'ailleurs pas un hazard si lorsque l'on demandait à Tamura senseï comment fonctionnait une technique il en démontrait une autre...tout comme son maître. 

 

 

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uke: Vincent Finkelstein d'Herblay

 

      Même si il faut commencer par les bases il est clair qu'elles seront insuffisantes si on ne les dépasse pas. Ce que ces maîtres exprimaient par leur réponse en apparence décalée, à mon sens, était toute la beauté de leur art en évolution perpétuelle.

Ils passaient sans doute, à l'occasion également, un message semblable à cette maxime "quand le sage montre la lune l'imbécile regarde le doigt!" et d'aucuns cherchaient à comprendre comment placer son pied, son orteil, son pouce alors que la réponse était peut être dans la façon de bouger à l'intérieur.

 

      En somme lorsque l'on bouge "correctement" la question n'est plus d'adapter la situation à la technique mais d'être capable d'adapter instantément la technique à la situation.

 

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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 22:41

 

 

Akira Hino Senseï lors du stage de ce weekend a démontré plusieurs exercices sur l'utilisation du coude relié au kyokutsu (sternum) et son utilité dans les budos notamment au travers d'un Kata. 

 

Je suis tombé sur cette vidéo de Asaï Tetsuhiko senseï de la JKA en cherchant des vidéos sur Asaï Katsuaki senseï de l'Aïkido...Il démontre plusieurs principes notamment une forme utilisation différente du coude (en apparence du moins) que j'ai beaucoup apprécié. J'ai trouvé sa façon de bouger vraiment intéressante et je tenais à le faire partager. Malgré la puissance générée on ne remarque pas de tension inutiles.  

 

Son corps est lié et ses mouvements se font en harmonie sans décalage entre les bras, le buste, le tronc, le jambes, toutes les parties sont unies notamment vers 3'20 quand il exécute une forme d'atemi ressemblant à un  "yokomen" (désolé je ne connais pas le terme exact!). Vers 4'00 il semble qu'il explique l'importance d'utiliser ensemble l'épaule, le coude, la main et le déplacement du corps.

 

Il explique également vers 4'20 l'importance d'utiliser un certain relâchement (une façon de laisser faire sans vouloir faire??) tout en étant lié dans une forme de blocage sur un chudan tsuki. 

 

Je suis toujours content de trouver ce genre de vidéos où l'on voit de véritables experts en action. Leur façon de bouger est vraiment différentes des sportifs classiques.

 

J'ai mis en second une vidéo où l'on retrouve un peu cette utilisation des coudes et d'un corps uni mais dans l'application MMA démontré par Bas Rutten. C'est intéressant de voir les différentes approches. On remarque assez facilement que les formes de corps sont différentes.

 

Je ne me permettrai pas un jugement de valeur sur l'efficacité relative ou supposée de l'un sur l'autre, la seule chose que je m'autorise à penser est que je préfère tout de même le keikogi de karaté à la tenue de MMA^^

 

Asaï Tetsuhiko senseï





Ne parlant pas japonais j'ai tenté ici une petite interprétation de ce que j'observais dans la vidéo n'hésitez pas à me corriger si j'ai fait un contresens:)



Bas Rutten

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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 22:45

 

Voici quelques réflexions que je me faisais récemment sur L'Aïkido:

 

Le but recherché:


L'Aïkido est un Budo. Il se compose donc de deux parties essentielles. L'étude d'une discipline martiale et l'étude d'une voie d'amélioration de soi qui sont les deux faces d'une même pièce. 

 

 Le but, d'un point de vue pragmatique, de l'Aïkido est d'être capable de maîtriser un ou plusieurs agresseurs sans chercher à les détruire, dans l'idéal. 

 

Techniquement on parlera d'efficacité si sur n'importe quelle attaque le pratiquant arrive à réagir et à maîtriser un adversaire avec les moyens que donnent l'Aïkido: soit de projeter, soit de contrôler par une clé ou une immobilisation.  


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photo Shadows Oliv   

 

D'un point de vue moral ou éthique le but,tel que je le conçois aujourd'hui, est de passer un message pacifique en montrant qu'il y a possibilité de résoudre un conflit sans surenchérir de violence. En s'entraînant ainsi notre esprit s'apaise et notre personnalité s'améliore. 


De ce point de vue tous les budos se ressemblent à l'origine mais certains ont connus une dérive trop importante vers la compétition faisant perdre toute notion de compassion au profit de la volonté de vaincre.    

 

Comment savoir si l'on est efficace?


La difficulté lorsque l'on pratique un budo non-compétitif est de rester frustré de ne pas pouvoir appliquer les techniques apprises en situation "réelle" et/ou de tomber dans la condescendance technique.


C'est la tout le risque de notre entraînement qui consiste en la répétition de mouvements similaires. Il faut savoir ce que l'on recherche dans la technique appliquée. Garder toujours l'esprit en éveil, attentif à la moindre réaction du partenaire/adversaire, rester martial en toute circonstance...des indications qui peuvent nous conduire sur la voie de l'efficacité. 


 

DSC_4366.JPG

Ne pas être condescendant:)


Rien ne nous empêche de rechercher des situations d'application plus concrètes. Cependant, dans ce cas, il faut faire attention à ne pas reproduire (en plus mauvais) des sparrings de type kakutogi, sports de combat, qui nous feraient sortir du but recherché. 


La limite est facile à franchir entre une pratique sportive mais plus vraiment martiale et une pratique trop éthérée et encore moins martiale. Rester constamment sur le fil de la "lame martiale" voilà un défit intéressant!


Quelques pistes:


La seule chose que je garde à l'esprit en m'entraînant et en donnant cours est de pratiquer comme si l'enjeu était vital. Il arrive que je m'égare parfois mais j'essaye de toujours conserver ce fil conducteur. Je pense que cette disposition d'esprit permet d'orienter la recherche vers le but principal qui est d'en terminer le plus rapidement en situation dangereuse. 

 

AIKI-4372.JPG

Terminer le plus rapidement en situation dangereuse:)  


Si l'on s'interroge sur la raison d'exister de telle ou telle technique il est important d'y ajouter cette composante. L'Aïkido est un art récent et les techniques transmises même si elles proviennent d'écoles plus anciennes ont été déformées, transformées avec le temps. Nous nous devons de les questionner, de rechercher leur essence afin qu'elles puissent un jour nous révéler leur secret.


En attendant gardons bien à l'esprit qu'il n'y a pas de méthode plus "efficace" que l'autre mais que tout est question de niveau. Passé un certain bagage technique seuls les plus fins stratèges survivent. Et plus que des mots c'est d'entraînement dont nous avons besoin!

 

 

 

 

 

 

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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 14:10

 

Voici une vidéo de Tamura Senseï de 1994 (après rectification:)) prise lors d'un stage à l'occasion de ses trente ans de présence en France.

 

C'est une des rares vidéos de stage avec Tamura Senseï où l'on entend bien ses explications sur sa vision de l'Aïkido.

 

 

 

 

Nostalgie

 

Cela me rappel les weekends sur les routes de France pour aller à sa rencontre. Que d'agréables moments de pratique et d'échange avec des pratiquants venus des 4 coins du pays et même au delà de nos frontières.

 

J'espère que cela apportera un peu de lumière sur les principes de son Aïkido à ceux qui suivent ses élèves mais qui n'ont jamais eu la chance de le rencontrer.

 

Leçon de maître

 

Vous constaterez qu'il insiste sur le fait de ne pas mettre de force ni d'intention et sur la capacité à se remettre en question lorsqu'il dit à peu près cela: "ce n'est pas parce qu'il chute que la technique est bonne et ce n'est pas parce que la technique ne passe pas qu'elle est mauvaise!".

 

Cela donne une base au but de notre pratique qui n'est pas de s'entraîner pour vaincre uniquement mais qui vise avant tout a nous améliorer . A savoir quand on est dans le faux ou dans le vrai et à finalement être honnête avec soi même techniquement pour l'être de manière plus générale. C'est en cela à mon sens que l'Aïkido prend de plus en plus de place dans la vie de celui qui s'y consacre réellement. Enfin c'est une interprétation personnelle:)

 

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1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 17:26

La perfection n'est approchable que par la répétition:

 

Les arts martiaux sont une éducation du corps et de l'esprit. Nous débutons en apprenant les bases, les katas, que nous répétons inlassablement jusqu'à ce que les gestes deviennent automatiques.

 

 

Extrait du dvd de Toshiro suga "Aikido, Jo techniques"

 

Il n'existe pas de méthode plus rapide qu'une autre dans ce sens. Peu importe l'école que vous pratiquez l'amélioration doit être constante et perpétuelle. Souvent nous traversons des phases de doute et de questionnement qui marquent des étapes dans le cheminement.

C'est en général lorsque nous dépassons ces interrogations que nous franchissons un cap.

 

La mémoire corporelle


Sur un plan physiologique l'entraînement permet de créer de nouvelles connexions nerveuses comme l'explique Kuroda senseï. Cela est long et souvent difficile mais c'est le prix à payer pour pouvoir progresser.

 

La mémoire du corps se construit au fur et à mesure. Chacun évoluant à son niveau et en fonction de ses capacités.

 

Extrait du dvd "The more dimensional body vol.2" de Kuroda senseï

 

Je suis différents maîtres comme Kuroda senseï, Hino senseï, Kono senseï depuis maintenant plusieurs années. A chaque stage je constate une légère évolution qui m'encourage à aller de l'avant. 

 

Avec le temps je remarque de plus en plus que lorsqu'un geste est un tant soit peu acquis le mouvement né de lui même sans réflexion préalable. J'ai pu constater cet été lors de la master class de Kuroda senseï que lorsque j'arrivais à entrer une technique mon attention n'était pas fixé sur un but en particulier. A l'inverse dés que surgissait la volonté de "faire ou d'agir" le mouvement devenait plus grossier et donc perceptible.

 

Garder l'esprit vide

 

Ainsi pourrait-on dire que lorsque la pensée intervient l'action du corps est plus lente et moins efficace. A l'inverse lorsque le corps réagit instinctivement la pensée est reléguée au second plan.

 

Réussir à pratiquer en gardant l'esprit vide,comme l'explique Toshiro Suga à la fin cet article en détaillant le concept de mushin, serait un des plus haut but de la pratique martiale. 

 

Le plus important comme il le précise étant le combat que l'on mène contre soi même. Il ne nous reste plus qu'à cumuler les années d'entraînement!

 

Bonne reprise à toutes et à tous.

 

 

 

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 15:45

J'ai récemment animé un stage à Valence (Valencia) en Espagne. C'est une première à de nombreux points de vue et j'en ai tiré beaucoup d'enseignements mais aussi de plaisir.

 

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      De droite à gauche: Oscar Canet, Miguel, Julien Coup,Desiderio Ondo, Alvaro Villaescusa

 

Une légère appréhension     

C'est Oscar Canet, enseignant d'Aïkido, Shiatsushi et ancien pratiquant de Karaté Kyoskushinakaï qui m'offrit l'hospitalité durant mon séjour. N'ayant jamais rencontré Oscar ni la plus part des pratiquants je ressentais une certaine appréhension. Quel type de public allais-je découvrir? Allais-je réussir à me faire comprendre en anglais?

En Aïkido il existe de nombreux courants parfois très différents et la forme que j'enseigne, dans la continuité de celle de Léo, est une forme très souple basée sur l'utilisation du ressenti et de l'étude des réactions de l'attaquant. Avant de rencontrer Oscar et connaissant juste son "passé martial" j'espérai que le travail que j'allais proposer ne serait pas trop loin de sa vision et de celle des autres pratiquants sans quoi le stage risquerai d'être aussi ennuyeux pour eux que pour moi!

 

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Je partais néanmoins confiant sachant que Léo allait régulièrement enseigner en Espagne et que la plupart des élèves présents connaissaient et appréciaient son travail. La rencontre avec Oscar finit de me rassurer tant son ouverture d'esprit et son enthousiasme étaient grand.

Rechercher le confort

De même lors du stage tous les pratiquants présent furent, comme Oscar, totalement à l'écoute du travail que je proposais sans jamais chercher à se reproduire la forme qui leur était habituelle.

C'est un point essentiel car bien souvent lorsque des pratiquants possèdent déjà une certaine expérience, il leur est difficile si leur travail habituel est différent, de les empêcher de se réfugier dans une forme qu'ils affectionnent. C'est notre lot commun lorsque nous sommes perdu de chercher du réconfort dans ce que nous faisons "le mieux".

C'est heureusement tout le contraire qui se produisit lors de ce stage. Il y avait des pratiquants de différents courants d'Aïkido et même un ancien pratiquant convertit au Penchak Silat. Tous sans exception se montrèrent intéressés et essayèrent les exercices proposés avec un esprit de découverte et de curiosité.

 

DSC00231.JPG

 

L'occasion d'aller leur rendre visite devrait à nouveau se présenter la saison prochaine et je m'en réjouis d'avance car ce fût un très agréable moment riche en enseignements.

Muchas Gracias! 

Un salut particulier à Alavaro Villaescusa et Oscar Canet pour l'accueil et l'organisation.

 

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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 21:44

De l'importance du rythme 

La pratique de l'aïkido est bien entendu un ensemble de formes techniques. Mais ces formes ne sont qu'une coquille vide sans la présence de notions essentielles tel que le ma-aï et l'awase qui permettront de leur donner vie et de les faire fonctionner.

Comme de nombreux termes issus du japonais, ma-aï et awase sont difficilement traduisibles car ils renvoient à des notions riches plus qu'à des mots précis. Je retiendrai les traductions suivantes pour ma-aï "distance/temps", "intervalle" et pour awase "union/fusion".

Ma- et awase renvoient à leur tour à une autre notion celle de hyoshi, rythme. En effet, utiliser le ma-aï à son avantage et être capable de s'harmoniser à une attaque pour la contrôler sous-tend la maîtrise du hyoshi. Cette maîtrise permettra alors placements et déplacements justes qui sont à la base de l'efficacité technique de notre discipline. Il devient possible de jouer avec le rythme afin de guider l'attaquant dans la direction que l'on veut lui donner. 

 

Yokomen uchi irimi nage par Tamura senseïjouer avec le rythme afin de guider l'attaquant dans la direction que l'on veut lui donner.

 

Par l'entraînement régulier à des situations variées nous apprenons à développer des capacités d'appréciation et d'adaptation immédiates aux modifications du ma-aï et des mouvements de l'attaquant. Lorsque ces compétences sont pleinement acquises l'adepte devient capable de réagir avant que le geste ne se développe.

 

   

 

Yokomen Uchi Shiho nage par Tamura senseï : réagir avant que le geste ne se développe

Dans les vidéos ci dessus on voit que Tamura senseï exécute ses techniques rapidement, de manière fluide et sans heurt. Sa maîtrise n'est bien entendu pas accidentelle et résulte d'un travail long et intense. Mais quel est e chemin pour en arriver là? Quels ont été ses choix d'entraînement?

Travail lent ou rapide

 Dans les questions qui se posent à nous par rapport aux méthodes d'entraînement celle de la vitesse est essentielle. Doit-on s'entraîner à vitesse lente, réduite, comme en Taï Chi Chuan ou en Systema, ou rapidement comme dans la majorité des autres disciplines?

Comme souvent la réponse n'est pas exclusive et il me semble important de s'entraîner selon les deux méthodes car, les années passant, je m'aperçois que ce sont les deux faces d'une même pièce.

Pour l'apprentissage et la correction du geste la façon la plus efficace au départ est de le faire à vitesse réduite. Cependant il est important de s'exercer graduellement sur attaques plus "réalistes" et donc, notamment, plus rapides. Cela fait en outre ressortir d'autres problèmes qui seront corrigés par la suite...en repassant à un travail lent. L'alternance des ces deux méthodes étant source de progrès mais aussi, et cela a son importance, de variété dans le travail.

Le travail à vitesse réduite peut parfois être source de dérives. Je pense notamment à l'autosatisfaction, au sentiment de maîtrise superficielle que donne la capacité de gérer des attaques en réalité diminuées. Il est nécessaire pour palier à cela de rester vigilant et entre autre de ne pas aller, même de manière infime, que l'attaquant.

Rythme constant

Selon les situations nous pouvons être amenés à coller au rythme de l'attaque ou à accélérer ou encore à le casser comme Tamura senseï le démontre dans la première vidéo ci dessus. Pour parvenir à saisir toutes ces variations du hyoshi la base est d'être capable de contrôler son propre vitesse de travail. Une chose que beaucoup d'élève ont du mal à faire, pensant travailler à une vitesse constante et accélérant sans s'en rendre compte.    

Je privilégie l'entraînement à vitesse constante et lente de préférence car on perçoit plus aisément ses accélérations. Cette prise de conscience nous permet, peu à peu, de maîtriser cet élément.

Le contrôle de notre vitesse nous permet de contrôler le hyoshi. Il s'agit d'un élément essentiel dans l'efficacité technique de l'Aïkido.

Voici pour terminer une vidéo où l'on voit kuroda senseï démontrer plusieurs katas de Iaïdo. Vous constaterez qu'il varie les vitesses d'exécutions selon les katas et que tous ses gestes, qu'ils soient rapides ou lents, sont fluides et continus.

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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 14:53

J'ai relu dernièrement le livre de Moriheï Ueshiba, Budo. L'importance qu'il accorde aux atemis, présents dans la majorité des techniques, et sa conception de leur utilisation, m'ont conforté dans mes recherches.

Les atemis d'O'senseï n'ont pas pour but de tuer mais plutôt de déranger, troubler l'adversaire afin de créer une ouverture permettant de le contrôler.

 

o-sensei-1-atemi.jpg

 

Bien souvent lorsqu'on démontre les atemis dans une technique les pratiquants se figent sur cette étape. Cela a pour conséquence de couper la technique en plusieurs parties et de lui faire perdre de son efficacité.

Malheureusement les clichés de Budo sont trompeurs car la technique photographiqe de l'époque obligeait à prendre la pose. Chacun sait que la beauté et l'efficacité de l'Aïkido réside dans la fluidité et la continuité du geste.

 

 O-sensei-au-dojo-Noma-1935-Atemi-dans-les-cotes.jpg

 

Cela ne signifie pas que l'on doit faire l'impasse sur les atemis mais que leur utilisation et la façon de les donner doivent être étudiés dans le contexte de la technique. Ils s'avéreront alors un outil précieux pour comprendre le sens des mouvements. 

 

o-sensei-atemi.jpg

 

Chaque techniques donnent lieu à une multitude de frappe. Elles ne doivent évidemment pas être toutes utilisées et on en utilisera éventuellement une, voire deux au moment opportun. La capacité de jugement du pratiquant est ici primordiale afin de ne pas tomber dans le pugilat.

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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 15:37

Le plaisir de la pratique    

Après une semaine de stage intensif sous la direction de Kuroda senseï en juillet j'ai eu un mois d'août très chargé professionnellement qui ne m'a pas donner l'occasion de pratiquer autant que je l'aurai voulu. C'est pourquoi j'ai été vraiment heureux lorsque la nouvelle saison a débuté de reprendre l'année tant de retrouver mes élèves au dojo d'Argenteuil que mes enseignants au Dojo d'Herblay et au Kishinkan

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Le sérieux dans la pratique


Si le sérieux est essentiel à la pratique martiale moins de gens y associent le plaisir. L'engagement, la concentration sont des qualités nécessaires pour progresser. Mais lorsqu'on s'engage dans les arts martiaux il est fréquent que l'on ai une image trop stricte et austère de la pratique. Lorsque j'ai débuté j'étais bercé par les images d'Epinal du monde martial et j'étais sans doute trop...sérieux. Au fil du temps j'ai compris que pratiquer en prenant du plaisir était important, que la souffrance et un visage fermé n'était pas garants de progrès.

 

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Savoir se relâcher:)

C'est suivant des maîtres comme Tamura senseï, Hino senseï, Kuroda senseï... que j'ai compris que prendre plaisir n'était pas un manque de sérieux. Ces maîtres reconnus à travers le monde sont d'ailleurs les premiers à faire preuve d'humour et à détendre une atmosphère parfois tendue par la volonté de bien faire. La réalité est souventbien éloignée de l'image fantasmé du maître silencieux au regard sévère.

 

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Image d'Epinal du maître silencieux au regard sévère

 

Une ambiance de travail détendue ne signifie pas que la pratique est plus facile, bien au contraire. La pratique martiale, au delà le combat lui même, sont bien évidemment affaire de concentration physique et mentale intenses. Cela rend d'autant plus important de savoir prendre un peu de recul et d'alterner les moments de tension et ceux de détente. 

Je crois que personne ne me contredira si je dis qu'il faut prendre plaisir à ce que l'on fait dans la vie. Cela est d'autant plus vrai dans les arts martiaux.

 

 

 

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