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Kuroda senseï, Méthode Alexander et Utilisation du corps dans les arts martiaux

Publié le par julien coup

 

La méthode Alexander


Comme je l'écrivais dans un récent article l'objectif principal des arts martiaux est d'arriver à un maximum d'efficacité avec un minimum d'efforts. Le but est facile à énoncer mais comment y parvenir?

Une piste de Kuroda senseï

Il m'est arrivé à quelques reprises d'entendre maître Kuroda évoquer une certaine "méthode Alexander". Chaque indice étant précieux pour parvenir à avancer dans l'utilisation du corps si sophistiquée qu'il propose que je me suis empressé de faire quelques recherches sur cette mystérieuse méthode.

La méthode Alexander est brièvement présentée sur cet article de Wikipédia. On y découvre notamment que l'essentiel du travail à trait aux proprioceptions conscientes et inconscientes. (Un autre article de Wikipédiaexplique succinctement ces termes.) Par un travail pointu l'élève semble apprendre à connaître les mécanismes subtils de fonctionnement du corps, comprendre comment la gravité agit et comment l'utiliser pour bouger avec le moins d'efforts possibles.

 

FMatthiasAlexander

Frederick Matthias Alexander

 C'est par l'intermédiaire de son éditeur qu'il y a quelques années maître Kuroda a entendu pour la première fois parler de la méthode Alexander. Celui-ci venait de publier des ouvrages sur cette méthode d'éducation et lui en envoya des exemplaires. Si Kuroda senseï n'a jamais étudié ou pratiqué cette méthode, la lecture de ces livres lui a donné le sentiment que cette recherche, par quelques aspects, était similaire à la sienne.

 

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Lors d'un cours avec maître Kuroda à Tokyo

 F. M. Alexander explique qu'il faut se concentrer sur notre propre position, écouter nos tensions pour les éliminer, trouver comment les relâcher en utilisant la gravité et pouvoir réaliser le mouvement sans efforts et sans être "arriviste". Mais en quoi un travail postural peut nous aider dans la pratique martiale?


De l'importance de la posture

J'ai souvent eu la frustrante sensation lors de la pratique que mon corps ne m'obéissait pas, que le geste que je désirai réaliser ou imiter m'était impossible. C'est probablement une sensation commune aux pratiquants qui s'efforcent de reproduire les mouvements d'un expert, quel que soit le domaine. Le geste que l'on a observé attentivement et qui semble si simple d'exécution se révèle alors impossible à réaliser de la même façon. Un mouvement léger devient pesant, un corps uni devient désarticulé… Bien entendu un tel geste ne peut être efficace. On se retrouve alors face au choix de compenser notre incapacité en utilisant de la force ou de voir son geste ne pas produire l'effet désiré.
Je me souviens d'un stage d'Aïkido il y a plusieurs années où j'essayais de faire la technique shiho nage. Maître Tamura est venu et m'a dit "Avant de faire shiho nage apprends déjà à te tenir correctement!".
Sans aucun doute mon axe était complètement déstructuré et ma posture ne pouvait me permettre de réaliser quelque technique que ce soit. Tamura senseï, lui, me démontra alors la technique avec l'aisance habituelle qui le caractérisait!

 

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Différentes postures: la dernière est celle préconisé dans les deux exemples

 Si nous ne nous corrigeons pas nous-mêmes avant de penser à finir la technique nous sommes condamnés à nous enfermer dans une pratique répétitive stérile, fatigante et finalement rapidement lassante! C'est un point que j'estime essentiel dans la pratique. Je crois que c'est en ce sens qu'il existe notamment des parentés entre la méthode Alexander et le travail que nous propose Kuroda senseï mais aussi les maîtres Kono ou Hino entre autres.


La difficulté supplémentaire des arts martiaux

Contrairement aux danseurs, musiciens ou cavaliers chez qui la méthode Alexander est répandue, en tant que pratiquants d'arts martiaux nous évoluons dans des situations conflictuelles. Nos gestes doivent donc être corrigés en même temps que nous devons apprendre à lire et gérer le corps et l'esprit de nos adversaires. C'est la prise en compte de ces points qui fait notamment la richesse du travail de Kuroda senseï, au-delà des ressemblances avec la méthode Alexander.

 

Court reportage vidéo sur Kuroda senseï

 Si ce type d'entrainement est assez pénible au départ il est tout de même réconfortant de savoir qu'au delà de l'aspect "primaire" qui consiste à faire "fonctionner" une technique, nous avançons dans la connaissance de nous-mêmes. Un travail essentiel qui donne tout son intérêt à la pratique martiale.


 

 

 

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Reprise des cours le mardi 6 septembre et stage de la rentrée

Publié le par julien coup

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Les cours reprendront le mardi 6 septembre au Dojo Marcel Cerdan à 20H00.

Pour ceux qui veulent se remettre tranquillement dans le bain Léo donnera un stage du 31 aout au 4 septembre au Kishinkan Dojo.

 

Voici les détails:

Kishinkan Dojo,

11 rue Henri Regnault 75014, Paris


Horaires:
Du mercredi 31 août au vendredi 2 septembre de 19h à 22h
Samedi et dimanche de 10h à 13h et 15h à 18h 

Tarif:
Stage complet 100€
Week-end 50€
1 journée 30€
1 cours 20€

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sentir, comprendre, agir

Publié le par julien coup

La rentrée approche et je pense déjà aux premiers cours chargés de débutants qui souvent ne connaissent pas ou peut l'aïkido.

J'ai choisi d'orienter ma pratique sur la recherche de l'efficacité maximum avec le minimum d'efforts. L'idée n'est pas de rester assis chez soi! Cela demande au contraire un investissement permanent. Le but étant de se servir intelligemment de son corps en apprenant à mieux connaître son fonctionnement.

Imaginez un guerrier au combat comment peut-il survivre si après deux adversaires il est essoufflé? Eh bien le but de l'aïkido est celui ci, s'économiser pour être le plus efficace, le plus longtemps possible. Ce principe s'applique à tous les domaines de la vie et s'étend bien au delà de la simple dimension du combat physique.

Je voudrais présenter ici trois étapes qui se suivent, doivent même être simultanées mais qu'il est intéressant de décomposer.

Sentir

C'est la première capacité requise pour commencer l'étude de l'aïkido,développer nos sensations et nôtre sensibilité.

En aïkido les premiers exercices par lesquels on débute sont les saisies car elles permettent une prise de contact directe sans ajouter l'appréhension liée à la distance d'une frappe ou d'une coupe.

Grâce au travail de saisie même une personne qui n'a jamais pratiqué peut commencer à étudier. Dés le départ cela permet d'être à l'écoute de notre corps, de ses tensions (par la position du corps, la manière de saisir...) et des réactions du partenaire (sa position, ses tensions). 

 

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Comprendre

Puis nous apprenons à décrypter ce qui se passe chez l'autre afin de trouver la faille qui permettra d'entrer la technique sans qu'il puisse l'arrêter. Cela peut fonctionner uniquement si notre corps est suffisamment à l'écoute de ce qui se passe chez l'autre alors nous pouvons étudier les possibilités de rentrer dans son espace sans qu'il s'en aperçoive.

Encore une fois je décompose pour le besoin d'explication en réalité cela doit se faire dans le même temps.

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Petit à petit la grille de lecture que l'on possède s'étoffe et il devient possible, à haut niveau, en regardant quelqu'un juste à sa façon de se tenir, de se déplacer de comprendre quels vont être ses points forts, ses points faibles.

Agir

Enfin il faut passer de cet instant d'étude à l'action proprement dite. Pour que la technique fonctionne et ne soit pas arrêtée il faut pouvoir utiliser l'ensemble du corps de manière unie, sans qu'il y ait d'arrêt, de poussée dans le sol, de force utilisé inutilement.

isseï namt

Ces trois étapes sont essentielles et bien souvent même les plus avancés y reviennent car ce qui nous permet de progresser n'est pas de connaître un nombre de techniques plus important mais de pouvoir toujours mieux les exécuter.

Évidemment le travail avec les attaques à mains nues ou armées est le même avec en plus la difficulté de la distance à gérer qui demande un timing plus précis encore.

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